La noix de Pâques

Tapis vert. C’est rarement ainsi que l’on nomme ce rectangle de pelouse naturelle, hybride ou synthétique autour duquel les supporters aiment vibrer et porter leurs joueurs. 

Mais nous entendent-ils aujourd’hui, nous les reclus installés devant les écrans.

Tapis vert, billard que les Munstermen, ce week-end auraient préféré voir copieusement arrosé par cette pluie fine typiquement irlandaise. Pas sûr toutefois qu’elle aurait suffi à contrecarrer les desseins de Toulousains aussi forts devant que derrière avec leur jeu debout.

Tapis vert, mais prononce-t-on ces mots quand il s’agit d’évoquer victoires ou revers de l’une ou l’autre des deux équipes engagées ?

Chacun sait : l’expression est réservée à cette défaite subie sans jouer. Celle que les Toulonnais viennent de connaître pour la deuxième fois depuis mars 2020. Celle qui révolte et qu’à la limite on préférerait jouer à la roulette. Celle qui dénature les compétitions de la saison pour faire douter, dans l’esprit de beaucoup, de leur légitimité*.

La défaite sur tapis vert, pied de nez à l’esprit sportif, remporte, à son tour, cette semaine sa Noix d’honneur.

*La Rochelle qualifié en quarts en ayant gagné 2 matchs en tout et pour tout, Toulon éliminé après une victoire et une défaite sans jouer, nous n’allons pas écrire (nous serions qualifiés d’aigris parce que non invités avec le Stade à ces fins de compétition) que cette Brico-coupe ne vaut rien : elle permet en effet d’assister à de belles empoignades. En revanche aucun doute là-dessus : l’EPCR s’est bien pris les pieds … dans le tapis de la Covid 19.

Yvon Cauchois

Président de l’association des Amis du Stade français Paris

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