Un beau jour

23 janvier 2022. Au grand bonheur de retrouver l’ambiance de la Coupe d’Europe au parfum si particulier qui nous a toujours permis de nouer des liens d’amitié indélébile avec nos amis européens (irlandais, anglais, gallois, écossais et autres). Il y a toujours un plus pour nous supporters de participer à la « Grande Coupe d’Europe ».

L’avant-match est bien à la hauteur de l’évènement. Réunis au Viaduc d’Auteuil, chez notre ami Jérôme, stadiste de cœur, une saine fraternité s‘affirme rapidement entre les membres de la « Green Army » du Connacht, Dominique et Stéphane avec quelques Amis du Stade et Simon accompagné de ses « Great Singers ». Tout se passe dans la joie et la bonne humeur. Plaisir du partage. Un beau jour. L’heure du match approche. Les Amis y croient. Parmi les multiples hypothèses (sans compter certains parcours passés) énoncées par Stéphane pour atteindre les phases finales, le credo du jour retenu sera « victoire bonifiée avec 6 points d’écart au moins ».

Coup d’envoi. Ambiance des grands jours à Jean-Bouin. Les hommes du Connacht ne tardent pas à se mettre en action avec un essai transformé dès la 7ème minute et un refusé en suivant. Pendant quinze minutes la machine parisienne quelque peu poussive tourne au ralenti, Nicolas ouvre le score à la 17ème (3-7). Sur un premier coup de génie, Adrien marque son premier essai transformé par Nicolas (10-7). Jean-Bouin s’anime. Les irlandais égalisent (10-10). La fin de cette 1ère mi-temps est à l’image du début de match pour nos Stadistes ballotés, réagissant par à-coups sans réelle volonté de prendre le match à leur compte. Les irlandais toujours dominateurs inscrivent leur 2ème essai et fort justement virent en tête à la pause (10-17).

Reprise. Le credo du jour reste en suspens, la route risque d’être longue. Armons-nous de patience, encourageons nos « Rose et bleu » intensément et avec cœur. Cette 2ème mi-temps débute pour le mieux avec un essai superbe de Ngani, le collectif commence à s’affirmer (15 – 17). « But », à la 48ème minute l’horizon subitement s’obscurcit, l’infériorité numérique une fois à temps limité devient permanente pour un peu plus de 30 minutes. Les Irlandais réagissent superbement (15 – 24). Contre toute attente et sans tarder les « Rose et Bleu » se rebiffent et Kylan conclut un grand mouvement d’envergure de belle tenue (20-24, 53ème).

Ce premier quart d’heure tourne à notre avantage 10 à 7. Que du bonheur, une nouvelle fois Jean-Bouin exulte dans une débauche de chants et d’applaudissements. Mais rien n’empêche les hommes du Connacht de creuser l’écart avec un essai synonyme de bonus (20-31, 61ème). Les Parisiens ne s’en laissent pas compter, essai de Ryan tout en conviction et transformation de Joris (27-31) suivi du deuxième exploit d’Adrien, l’homme du match, avec un essai superbe également transformé par Joris (34-31). Ouverture des 10 dernières minutes, une victoire bonifiée à la clé, mais le credo du jour n’est toujours pas vérifié.

Et survient l’ultime minute qui débute par un échec (lointain) [quand la pénalité de Joris vient se fracasser sur le poteau gauche avec suffisamment d’énergie pour un retour du ballon vers l’aire de jeu, tout est à refaire, « what a pity !»] et qui s’achève par un succès du même Joris portant le score à 37-31. Coup de sifflet final. Quel bonheur intense. Le peuple de Jean-Bouin finit en transe et remercie ses idoles, ses « Rose et Bleu » chéris.

Avec panache, avec ardeur et une seconde mi-temps de feu, ils sont venus à bout du credo du jour « victoire bonifiée avec six points d’écart au moins ».

Un beau jour. Malgré les aléas, le Stade Français a su tenir la barre face à la houle irlandaise sans arrêt en mouvement. Malgré une première mi-temps en demi-teinte et l’infériorité numérique de la dernière demi-heure, Paris a fini en grande vitesse et s’est imposé via une double tentative : l’une est tombée sur le poteau, l’autre au meilleur moment, à la cloche.

Un beau jour. Pour Adrien l’homme du match qui a ouvert le bal et qui l’a conclu de si belle façon. Pour Joris le sauveur en deux temps et un mouvement qui a mis un terme à la dernière seconde au scénario le plus incroyable. Jean-Bouin est ravi et le dit chaleureusement. Tour d’honneur digne, joyeux, tout en partage et bon enfant. Les héros du jour sont applaudis. Hélène sans cesse au soutien 80 minutes durant est aux anges, Jean-Marie sourit, le bloc des Amis est heureux. Un beau jour. Pour un retour gagnant de nos « Rose et bleu » à Jean-Bouin dans une rencontre européenne.

Une fois n’est pas coutume, les esprits (et les corps) étaient résolument tournés vers le grand large (avec 9 essais à la clé et 2 bonus). A quand le bonus à 4 essais dans le TOP 14 pour enfin revoir jouer le jeu de rugby ? De tout temps, les joutes européennes ont souvent été des pépites, des matchs de référence et ce « Stade-Français/Connacht » en restera un vibrant exemple.

Un beau jour. A ce moment-là, leur destin n’était plus entre leurs mains. L’attente devint insupportable. Puis en soirée la délivrance, après une débauche d’énergie dans l’après-midi et le résultat de Wasps au Munster, une qualification pour les 8ème de finale de la Coupe d’Europe. Comme un bonheur ne vient jamais seul, pour un nouveau « Stade-Français / Racing ». Un beau jour. Cap désormais sur le nouveau classico francilien fratricide. Un aller-retour de feu (nouvelle règle oblige). Le déplacement sera de courte durée mais l’ambiance à l’U Arena sera chaude, chaude…

Un beau jour. Assurément.

Allez le Stade. Allez le Stade. Allez le Stade.

Toutes nos plus cordiales amitiés aux supporters irlandais et leur équipe fétiche. Tous nos meilleurs vœux pour la suite aux hommes du Connacht et à leur « Green Army » pour également un duel fratricide face au Leinster.

Par Jean-Michel Gomit – Ancien Président des Amis du Stade Français Paris

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