Qui l’eut cru ?

6 mars 2022. Sans aucun doute beaucoup de nos pensées sont tournées vers ailleurs. Il est ce soir impossible de rester insensible aux malheurs en cours sur la scène internationale. Qui l’eut cru ? Jean-Bouin est avant tout une bulle mais avec un cœur.

Les supporters des deux camps ont répondu présents en nombre. L’ambiance se met en place et le Classico débute. Rapidement nos Stadistes prennent les commandes. Dès la 2ème minute, Joris ouvre le compteur (3-0). Nos « Rose et Bleu » se montrent volontaires et inspirés. 8ème, Waisea conclut un mouvement d’ensemble de bonne facture et Joris transforme (10-0). 15ème, premiers points toulousains (10-3).

Autant le premier quart d’heure fut tonitruant (Qui l’eut cru ?) que le deuxième n’apporte rien de très tangible. Le froid aidant, l’ennui nous gagnerait-il soudainement ? 30ème, nouvelle pénalité de Joris (13-3). 34ème, une poussée collective du Stade Toulousain irrésistible, immaîtrisable et essai transformé (13-10). Un autre match s’annonce et les chants toulousains retentissent dans les travées de Jean-Bouin. Sans s’en laisser compter, les supporters parisiens réagissent et retrouvent une voix commune en entonnant le répertoire local. Hélène toujours souriante et « au taquet » s’époumone et encourage ses « Rose et Bleu » sans ni faillir ni faiblir. Qui l’eut cru ?

Retour au terrain après la pause. L’ambiance reprend. Les toulousains engagent. D’entrée la pression est dans les 22 mètres parisiens. Fausse alerte. 44ème, sur une pénalité jouée rapidement les toulousains reprennent l’ascendant et jettent de nouveau le trouble dans nos esprits, mais cette attaque échoue. Relance parisienne des 22 mètres Kylan au pied nous ramène sur les 40 mètres toulousains.

Début de 2ème mi-temps sans éclat apparent. Une faute succède à une faute, un en-avant à un autre en-avant. Toujours un peu d’ennui latent. 50ème, nouvelle alerte, ça chauffe pour nos Stadistes les « Blanc » sont à la manœuvre. Joris bien inspiré une nouvelle fois sauve le Stade-Français et éloigne le danger pour un temps. Mais le quart d’heure toulousain (à chacun le sien !) se poursuit inéluctablement. Nos « Rose et Bleu » manquent de cohésion. Que d’occasions perdues ! Que de fautes ! Tout cela sera-t-il vraiment préjudiciable au final ? 58ème, nouvelle pénalité réussie pour le Stade Toulousain (13-13). Sur le renvoi, bonne réaction parisienne.

A cinq mètres de la ligne toulousaine, nos Stadistes luttent ardemment et s’en trouvent récompensés à la 63ème avec une nouvelle pénalité de Joris (16-13). Le match est malencontreusement interrompu (sans commentaire), revenons aux choses sérieuses ! Les toulousains reviennent dans les 22 mètres parisiens, ne lâchent rien, s’accrochent inlassablement. 70ème, pénalité réussie par Toulouse pour une nouvelle égalité (16-16) Le chassé-croisé continue. Les dix dernières minutes risquent d’être bien longues. De toute évidence, les toulousains ne sont pas venus pour perdre à la capitale.

Les minutes s’égrènent, le compte à rebours est déclenché. Mais toujours trop de fautes. Le négatif se fait de plus en plus présent. 75ème, un lancer en touche toulousain est détecté « pas droit ». Qui l’eut cru ? Remettre la main sur le ballon devient un leitmotiv impérieux pour nos Stadistes. Le temps est comme suspendu. 77ème, encore une attaque plein champ avortée. Manque de réalisme, manque de confiance pour nos parisiens sans boussole. Rien n’y fait. Désormais les secondes s’égrènent. La dernière minute n’apporte rien.

80ème, la « cloche » retentit. Les arrêts de jeu sont ouverts. La tension devient palpable. Grosse réaction du pack parisien, une mêlée en lévitation pour les toulousains. Nos Stadistes (comme un seul homme) font le choix de ne plus se séparer du ballon. Et contre toute attente, le miracle se produit. Il fallait rester très attentif et ne pas louper la 81ème. Les toulousains inconsciemment baissent la garde. Nos Stadistes appliqués ne lâchent rien et balaient le terrain. Suite à un incroyable coup de rein de Waisea, une attaque plein champ se développe. Exploit de Ngani en bout de ligne et Kylan bien servi, après une course folle plonge entre les poteaux. Du grand art, sans aucun doute l’action la plus aboutie du match. Jean-Bouin incrédule, délivré est en extase et s’enflamme spontanément. Joris (du 100 % ce soir) transforme (23-16). Qui l’eut cru ?

Michèle est heureuse comme aux plus beaux jours de son Stade-Français chéri et de ses idoles de cœur. Ses yeux brillent de joie. Elle n’y croit pas encore pleinement et pourtant ils l’ont fait. Ils ont souvent été ballotés pendant 80 minutes mais la séquence finale a été imparable. BRAVO, BRAVO à nos valeureux « Rose et Bleu ». Une nouvelle fois MERCI, MERCI. Qui l’eut cru ? Un doublé parisien cette saison en matière de Classico. Cela faisait bien longtemps.

Mais que ce fut dur, dur. Reconnaissance au Stade Toulousain de nous avoir fait trembler tout au long d’une rencontre bien incertaine. Bonnes suites au Stade Toulousain et à leurs supporters pour de nouvelles aventures.

Par Jean-Michel Gomit – Ancien Président des Amis du Stade Français Paris

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