« Bonjour tristesse », mais pas que…

5 juin 2022. Incontournable de chaque saison, la der du TOP 14.

Celle du jour, annoncée explosive et palpitante, réserve assurément son lot de surprises. Avant match à Jean Bouin des plus classieux et « hors tristesse ». Une fois n’est pas coutume, les Amis choisissent de mettre les petits plats dans les grands et concocte un irrésistible buffet à la fois aveyronnais et corrézien.

Du grand art avec notamment les rondos de jambon au foie gras et Monbazillac et le rôti de veau du limousin à la moutarde violette de Brive, nos papilles en frémissent. Félicitations aux cordons bleus de service (Hélène, Yvon…) avec une mention spéciale à notre Ami Charles, sommelier hors pair.

Malencontreusement en fin d’après-midi, l’orage submerge Jean-Bouin, le barnum prend alors des allures de radeau de la Méduse. Mais rien n’y fait, la bonne humeur et la joie dominent tout au long de ce buffet d’anthologie. Un grand moment « hors tristesse ».

21 h. Ambiance de fin de saison dans l’anneau de Jean-Bouin, les supporters invités et locaux sont en pleine forme : chants, musique en tout genre, oriflammes et drapeaux aux couleurs des clubs en lice. Une ovation amplement méritée accueille Antoine puis Yoann annoncés sur le départ.

Petit retour sur une déroute bien amère, « Bonjour tristesse ».

Pas de round d’observation. D’entrée les Corréziens s’expriment en chargeant de belle façon et ouvre le score par une pénalité (2ème, 0 – 3). Les Rose et Bleu réagissent. Incroyable conclusion de Kylan entre les poteaux (6ème, 5 – 3) suite à une magnifique course de Léo le long de la touche et transformation de ce même Léo (7ème, 7 – 3). Les Brivistes prennent l’ascendant et concrétisent avec une deuxième pénalité (11ème, 7 – 6). Un sursaut des Rose et Bleu est attendu mais leurs visites dans le camp corrézien, souvent de courtes durées, sont bien rares et improductives. Essai transformé pour les Corréziens (25ème, 7 – 13) et réduction du score par Léo (28ème, 10 – 13).

En fin de 1ère mi-temps, l’inconstance parisienne se confirme : ballons perdus, mauvais choix, remises en touche catastrophiques… Et sans surprise, les Brivistes comme à l’entraînement jouent sur du velours (touche gagnante, percée fulgurante sans obstruction) pour un deuxième essai transformé (37ème, 10 – 20). « Bonjour tristesse ».

En début de 2ème mi-temps, les Brivistes poursuivent leur chevauchée fantastique et nos Rose et Bleu continuent d’accumuler les fautes d’où deux nouvelles pénalités (43ème, 10 – 23 et 51ème, 10 – 26). L’écart se creuse. Les supporters corréziens sont aux anges, donnent de la voix et « hors tristesse » entonnent « Ici. Ici. C’est la Corrèze ! » « Ici. Ici. C’est la Corrèze ! ». Jean Bouin n’a jamais été aussi corrézien.

Avec aucune ardeur, à la lumière d’une saison en demi-teinte plutôt grise, les parisiens persistent dans l’approximatif. Nouveau lancer catastrophe et la cavalerie corrézienne reprend le large et conclut par un essai transformé de haute facture (62ème, 10 – 33). La messe est définitivement dite. Les Brivistes ont réussi leur voyage dans la capitale pour assurer leur maintien. Nos Rose et Bleu viennent d’encaisser un 20 – 0 sans appel. L’essai de l’honneur de Marcos (77ème, 15 -33) et la transformation de Léo (78ème, 17 – 33) passent tout à fait inaperçu. « Bonjour tristesse ».

Au coup de sifflet final, les supporters parisiens sont amers après ce match sans saveur de leurs protégés, sans combativité, sans volonté collective et sans professionnalisme. En vacances avant l’heure. La plage, le farniente. Que voulez-vous, l’inconscient parfois prend le dessus ! Naufrage sur le pré en ce jour d’orages généralisés. Inéluctable descente en pente glissante pour une troisième défaite consécutive et pour la 4ème à Jean Bouin cette saison. Nos Rose et Bleu sans âme, oublieux de l’amour du maillot, constamment dominés par des Brivistes virevoltants. Il y en eût des défaites à Jean Bouin contre Brive, équipe souvent brillante en terre parisienne. Mais celle du 5 juin 2022 a un goût d’amertume prononcée. « Bonjour tristesse » assurément.

La der à Jean Bouin s‘achève par un émouvant et chaleureux au revoir à Antoine. Après 16 merveilleuses saisons à la pointe de tous les combats, troisième ligne exemplaire toujours au service de son club de cœur, le public le remercie pour l’ensemble de son grand œuvre. Yoan et Waisea sont aussi salués après maints plaisirs partagés. Bon vent à eux.

7 juin 2022. Pour un moment de franche convivialité avec le barbecue du Club à Jean Bouin, « hors tristesse ». Les vacances sont dans toutes les têtes. Waisea est partout. Antoine est de nouveau chaleureusement ovationné. Thomas et Gonzalo en tant que responsables consciencieux se veulent positifs et rassurants dans la mise en place de la saison prochaine qu’ils espèrent riche en nouvelles émotions avec un staff renforcé et une équipe rajeunie et motivée.

Bonnes vacances et à la saison prochaine.
Allez le Stade !

Sans oublier la remarquable performance du Stade Rochelais Champion d’Europe et l’inattendu Castres Olympique en pole position du TOP 14, une première dans son histoire.

Par Jean-Michel Gomit – Ancien Président des Amis du Stade Français Paris

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